Hello la compagnie !

Me revoilà après des mois d’inactivité sur le blog (désolée, j’ai été prise par ma mission en freelance à coté).

J’ai découvert le sujet du burn out en participant à un événement du groupe Paumé(es) de l’association Make Sense que j’ai connu pendant le salon autour du développement durable organisé par Le Monde l’an dernier.

Quelles différences entre ces 3 états me direz-vous? Le burn-out, correspond à un état d’épuisement physique, mental et émotionnel résultant de situations de travail trop exigeantes. Le bore-out exprime, quant à lui, l’ennui dû à une sous-charge de travail et qui finit par lessiver le collaborateur. Le brown out décrit une baisse de l’engagement des collaborateurs résultant d’une perte de sens au travail, d’un manque de compréhension du pourquoi de leur mission et d’une absence de mise en perspective de leurs tâches.

Ayant le projet de monter une ESS (entreprise à vocation sociale et solidaire), je me suis renseignée sur cette association qui propose tout un écosystème autour de l’entreprenariat social avec des ateliers d’échange autour d’un thème ou un projet porté par un entrepreneur qui aurait besoin d’aide ou brainstorming collectif et bénévole. L’association propose aussi des apéros pour échanger sur nos projets et des programmes pour lancer des projets sociaux. Enfin, on peut aussi trouver sur leur site internet des offres d’emploi. Bref, tout est fait pour favoriser le développement de ce secteur et faciliter les échanges et partage de connaissances/compétences.

Je dois avouer que je ne me sentais pas très concernée par le sujet du burn out a priori. Bien qu’ayant rencontré des personnes l’ayant vécu, me décrivant leur incapacité à faire quoi que ce soit du jour au lendemain, je m’y suis rendue plutôt par curiosité et désir d’échanger.

Les organisateurs et participants étaient très naturels et bienveillants. Chacun avait l’air d’être comme à la maison et en famille. Chacun a commencé par choisir une carte illustrée représentant son état actuel et passait à tour de rôle devant tout le monde pour expliquer pourquoi le choix de la carte. J’ai pu constaté qu’une grande majorité avait vécu ou vivait encore le burn out ou le bore out.

Puis, les organisateurs nous ont remis un questionnaire à remplir pour déterminer si nous vivons un burn out, bore out ou brown out. Le questionnaire calcule ainsi le score d’épuisement professionnel, le score de dépersonnalisation, perte d’empathie, déshumanisation et enfin le score d’accomplissement personnel au travail. Si cela vous intéresse, il s’agit du Maslach Burnout Inventory (MBI). J’ai trouvé le test un peu simpliste personnellement et j’ai le sentiment qu’à moins d’être très épanoui dans son travail, tout le monde aurait un score correspondant au profil burn out. J’ai répondu au questionnaire en me remémorant une très mauvaise expérience de travail où je subissait beaucoup de tension et d’agressivité. Mon score était il va sans dire très élevé !

A la suite du test, on pouvait poser des questions et rebondir. C’était la partie la plus intéressante car les participants étaient très impliqués et témoignaient de leurs expériences. Une participante vivait encore cette tension s’apparentant aux syndromes post traumatiques et pleurait tout en parlant de son expérience de brown out (baisse de courant). J’ai été assez surprise de constater que le brown out pouvait également conduire à un épuisement du corps qui ne répond plus et dit stop pour sauver sa tête.

Les symptômes sont plus dissimulés mais s’expriment ainsi :

– sentiment d’absurdité, d’inutilité et d’aberration du travail à réaliser

– perte d’attention lors de la réalisation des tâches

– perte du sens de l’humour dans les relations professionnelles

– démotivation progressive avec irritation et apathie

– crise existentielle et remise en question professionnelle et personnelle

– anxiété, voire dépression

Le phénomène est assez répandu, selon une étude du Cabinet Deloitte, plus d’un salarié sur deux (55%) juge que le sens au travail s’est dégradé. Les cas de brown-out pourraient donc se multiplier dans les années à venir !

Enfin, on était invités à écrire ce qu’on recommanderait à un ami vivant cette expérience, ce qu’on lui dirait. Les personnes qui sont sorties de là sont passées et ont conseillé toutes sortes de thérapies comme l’EMDR (Eye Movement Desentitization and Reprocessing), psychothérapie, coaching, yoga, méditation, danse, de fuir ces situations vite et ne pas répondre aux collègues pour passer vite à autre chose, d’autres ont conseillé de faire autre chose à côté et de prendre de la distance par rapport au travail (même si cela représente 8h de sa vie par jour) etc.

J’ai trouvé cet atelier très instructif et suis étonnée de constater que ce phénomène si peu connu touche finalement près de la moitié des cadres. L’intensité de l’expérience relayée par les victimes et le besoin d’en parler sont phénoménaux. Cela a renforcé ma conviction que la vie est courte et qu’il faut s’écouter plutôt que d’aller au travail sans motivation et passer toute sa journée en mode zombie et automatique. Je suis persuadée que nous devons retrouver le sens de l’humain dans notre travail, notre société et comprendre le sens de ce qu’on fait.

Avez-vous déjà vécu le burn out, bore out ou brown out ?

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